Élément important de la langue française, le champ lexical permet de mieux analyser une oeuvre et d’améliorer votre expression écrite. Suivez cet article spécial révision brevet (DNB) et baccalauréat.

révision bacPour cet article de soutien scolaire français en ligne spécial révision brevet (DNB) bac, Marion, E-Prof Express, se penche sur les champs lexicaux, leur définition et leur utilisation. Commençons d’abord par un quiz, paru sur la page Facebook Prof Express.

 

Parmi les termes suivants, quels sont ceux qui se rapportent au champ lexical de la gloire?

a) Célébrité                   e) Performance

b) Honneur                    f) Déclin

c) Anonymat                 g) Mérite

d) Lauriers                    h) Ascension

Réponse: a, b, d, et g

Définition du champ lexical

Un champ lexical est un ensemble de mots et d’expressions, ou plus précisément d’unités lexicales, qui se rapportent à un même thème, une même réalité. Puisqu’un terme a souvent plusieurs sens, il peut donc faire partie de champs lexicaux différents.

Ces mots peuvent être des synonymes, appartenir à la même famille, au même domaine ou à la même notion.

Exemple: champ lexical de l’amour:

  • Synonyme: passion, ardeur, affection, adorer
  • Même famille: amoureux, aimer, amoureusement, amourette
  • Même domaine: attirance, tendrement, désir
  • Même notion: plaisir, volupté, galanterie

 

Le champ lexical ne doit pas être confondu avec le champ sémantique qui lui recouvre l’ensemble des sens d’un mot donnés par le dictionnaire.

A quoi sert un champ lexical et comment le repérer

Le champ lexical est l’un des premiers moyens d’accès (si ce n’est le premier) pour appréhender la signification de l’extrait de l’oeuvre proposée ou du poème. L’analyse d’un texte part donc du niveau lexical de celui-ci. Il permet de dégager les thèmes principaux qui amènent nécessairement à l’interprétation ainsi que de saisir la cohésion générale du texte.Il ne peut cependant se construire et se révéler directement. Le lecteur doit en effet s’approprier le texte pour le découvrir petit à petit. Il ne faut donc pas hésiter à le lire et le relire avec attention pour repérer progressivement le ou les champs lexicaux qui amèneront la compréhension et l’analyse.

D’une manière générale (mais ce n’est cependant pas toujours le cas!), on retrouve des réseaux de champs lexicaux dans de nombreuses œuvres tels que:

  • Les cinq sens : ouïe, odorat, toucher, goût et vue.
  • Les quatre éléments : l’eau, la terre, le feu et l’air.
  • L’appréciation : le positif et le négatif.
  • Le déplacement : mouvement et immobilité.

Ces réseaux peuvent aussi se regrouper autour de la nature et de la valeur du vocabulaire utilisé:

  • Le concret : vocabulaire des sensations, de la nature, des objets, de l’action. Souvent le signe des textes descriptifs et narratifs.
  • L’abstrait : vocabulaire de la pensée, de la morale, philosophique, pour les textes argumentatifs et les essais.
  • L’affectif : vocabulaire relatif à la psychologie, aux émotions, aux sentiments.
  • L’appréciatif : jugement de valeur, subjectivité. Peut être péjoratif ou mélioratif (élogieux). Laisse apparaître les idées de l’auteur (notamment dans les textes argumentatifs).

Exemple : extrait de L’Assommoir d’Emile Zola (1877):

L'Assommoir Emile ZolaCet extrait se situe au chapitre II du roman; il s’agit de la première description de l’alambic, élément clé du livre, que Gervaise et Coupeau vont observer au fond du bistrot, l’Assommoir…

“Et elle se leva. Coupeau, qui approuvait vivement ses souhaits, était déjà debout, s’inquiétant de l’heure. Mais ils ne sortirent pas tout de suite ; elle eut la curiosité d’aller regarder, au fond, derrière la barrière de chêne, le grand alambic de cuivre rouge, qui fonctionnait sous le vitrage clair de la petite cour ; et le zingueur, qui l’avait suivie, lui expliqua comment ça marchait, indiquant du doigt les différentes pièces de l’appareil, montrant l’énorme cornue d’où tombait un filet limpide d’alcool. L’alambic, avec ses récipients de forme étrange, ses enroulements sans fin de tuyaux, gardait une mine sombre ; pas une fumée ne s’échappait ; à peine entendait-on un souffle intérieur, un ronflement souterrain ; c’était comme une besogne de nuit faite en plein jour, par un travailleur morne, puissant et muet. […] L’alambic, sourdement, sans une flamme, sans une gaieté dans les reflets éteints de ses cuivres, continuait, laissait couler sa sueur d’alcool, pareil à une source lente et entêtée, qui à la longue devait envahir la salle, se répandre sur les boulevards extérieurs, inonder le trou immense de Paris. Alors, Gervaise, prise d’un frisson, recula ; et elle tâchait de sourire, en murmurant :

C’est bête, ça me fait froid, cette machine… La boisson me fait froid…”

Champs lexicaux de la machine:

“grand alambic de cuivre rouge”, “pièces”, “appareil”, “cornue” (récipient utilisé pour la distillation), “récipients”, cuivre”, “machine” > tous ces termes se rapportent donc au même thème de la machine, ici l’alambic, dont Coupeau explique le fonctionnement à Gervaise. Les adjectifs associés à ces termes mettent en évidence l’ampleur de cet alambic (“le grand alambic”, “l’énorme cornue”, “ses enroulements sans fin”: la machine semble immense, voire terrifiante), la manière dont il s’impose devant Gervaise et le danger qu’il porte en lui. L’alambic est au coeur du roman et à travers cette première description, le narrateur tente de montrer à quel point cette machine menace l’existence de Gervaise.

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