Révision bac français avec ce cours de soutien scolaire en ligne sur les allitérations et les assonances.

            L’allitération et l’assonance sont deux figures de style courantes notamment en poésie qu’il est indispensable de savoir reconnaître et interpréter lorsque vous faites une analyse de texte le jour de votre oral du bac de français. Elles font partie des figures dites de diction puisqu’elles jouent sur la continuité phonique d’une suite de termes. Quelle est leur définition ? comment différencier une allitération d’une assonance ? Toutes les réponses avec Marion pour ce cet article de soutien scolaire français en ligne spécial révision du baccalauréat.

Définition de l’allitération

L’allitération est la répétition de phonèmes/sons consonantiques dans un groupe de mots. « Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères » → allitération avec la répétition du son [k].

Les Colchiques, Alcools, Guillaume Apollinaire (1913)

Définition de l’assonance

L’assonance est la répétition de phonèmes/sons vocaliques (= voyelles) dans un groupe de mots. « Qui ne les t à ce vêpre cueillies
Chutes à terre elles fussent demain. » → assonance avec la répétition du son [u].

Je vous envoie un bouquet, Continuation des Amours, Pierre de Ronsard (1552)

Pour parler d’allitération ou d’assonance il est nécessaire que ces sons soient répétés au moins trois fois et de manière rapprochée.

Comment repérer les allitérations et assonances ?

Lorsque vous êtes devant votre texte, concentrez votre lecture uniquement sur les sonorités en ne cherchant pas à l’analyser. N’hésitez pas à lire à voix haute afin d’entendre réellement les sons. Choisissez une couleur différente pour chaque son et surlignez-les. Les allitérations et assonances vous apparaîtront alors naturellement. Mais attention ! Tous les sons ne sont cependant pas à répertorier : n’oubliez pas qu’ils doivent être répétés plusieurs fois !

Une fois ce repérage exécuté, vous pourrez vous pencher sur le sens du texte afin de voir si toutes les allitérations et assonances que vous avez soulignées apportent quelque chose à la compréhension et l’interprétation du texte. En effet, il peut arriver que certaines n’apportent rien de plus : il n’est donc pas utile de les signaler dans votre commentaire.

allitération et assonance chez Apollinaire, sous le Pont Mirabeau

Allitération et assonance dans le poème de Guillaume Apollinaire, Apollinaire, Le Pont Mirabeau.

Allitérations et assonances : quel effet produit ?

Ces figures de style ont principalement pour but de mimer de manière phonétique le signifié soit plus généralement, le sens du texte, l’idée évoquée par celui-ci. Il s’agit donc de mettre en évidence par les sons la teneur et les propos du texte. On parle alors d’harmonie imitative comme on peut l’observer dans ce si célèbre vers de Racine (Andromaque, scène V, acte 5) :

Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?

Ici, l’allitération du son [s] vient renforcer le propos du locuteur, soit Oreste, en imitant le sifflement des serpents qu’il évoque justement.

Le même effet est à relever dans le vers suivant extrait du poème Femme noire de Léopold Sédar Senghor :

Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur

Les allitérations des sons [t] et [d] imitent les sons sourds et secs du tamtam.

Les sons de ces figures de style peuvent être regroupés en différentes catégories :

–          Allitérations en [f], [s], [v], [z] :

évoquent le souffle, le vent ou même un frottement. Dans le poème Le Pont Mirabeau de Guillaume Apollinaire, étudié ci-dessus, nous avons repéré des allitérations en [s] et en [v] : elles miment le bruit de l’eau qui coule, son sifflement et renforcent l’idée de la fuite du temps. Mais elles peuvent évoquer bien d’autres choses encore, comme dans l’extrait suivant de L’Assommoir d’Émile Zola (1877) :

Cependant, Clémence achevait son croupion, le suçait avec un gloussement des lèvres

Ici, l’allitération en [s] fait référence à la manière dont le personnage suce son met et renforce la sensualité avec laquelle il le fait.

–          Allitérations en [l], [m], [n] :

il s’agit de sons fluides, doux et oniriques. Toujours dans notre poème Le Pont Mirabeau, nous avons relevé une allitération en [l] : ce sont fait évidemment référence à l’eau, à son écoulement (comme les sons [s] et [v]), à son clapotis contre le pont et la berge.

–          Allitérations en [d], [k], [p], [t] :

ce sont des sons durs, brefs, violents et explosifs qui scandent le texte comme dans ces deux vers extraits du Dormeur du val d’Arthur Rimbaud (1870) :

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,

Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Ici, la double allitération en [d] et [t] donne un effet de dureté au texte qui rompt avec la fausse tranquillité de tout le poème ; elle rappelle le son des balles qui ont tué le personnage.

Les règles sont cependant moins fixées pour les assonances bien que quelques généralités peuvent être soulignées :

–          Assonances en [ou], [u] :

les règles sont moins fixées pour les assonances même si les sons [ou] et [u] font souvent référence à quelque chose d’inquiétant ;  il s’agit de sons étouffés et sourds. Dans notre poème de Guillaume Apollinaire, l’assonance en [ou] que nous avons relevée résonne comme une plainte et rappelle les amours perdus évoqués par le poète.

–          Assonance en [i] :

il s’agit d’un son aigu, strident qui peut évoquer un grincement, un cri. Dans l’exemple ci-dessous (Phèdre, Acte I, scène 3, Racine), l’assonance en [i] renforce la plainte et le cri de Phèdre :

Tout m’afflige et me nuit et conspire à me nuire

–          Assonance en [o] et [on] :

la première strophe du célèbre poème de Verlaine Chanson d’automne (dans ses Poèmes Saturniens, 1866), illustre à merveille cette assonance :

Les sanglots longs

Des violons

De l’automne

Blessent mon cœur

D’une langueur

Monotone.

L’assonance traduit parfaitement la langueur et la mélancolie du poète, tout comme ses soupirs.

Cependant, soyez vigilants : notre cours de français donne des pistes de lecture qui ne peuvent s’appliquer telles quelles à tous les textes. Il est nécessaire, lorsque vous repérez une allitération ou une assonance, de vous approprier le texte afin de l’interpréter de manière appropriée et pertinente.

Nous vous souhaitons à tous une excellente révision de votre bac français.

 

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